Fraises & Rutabagas

Jesse Ruins, focus sur le groupe

Jesse Ruins 2014 Par aza, le

J’ai souvent parlé du groupe tokyoïte Jesse Ruins, sans pour autant vraiment parler d’eux. Petit retour sur le parcours de ce groupe de dream pop et leurs différentes sorties.

Jesse Ruins est créer en 2010 par Nobuyuki Sakuma (au synthé). A l’origine, il le conçoit comme un projet solo. C’est sur le label indépendant japonais CUZ ME PAIN que sortent les premiers morceaux de ce projet (un cassette et une apparition sur la compilation CUZ ME PAIN COMPILATION). Courant 2011 Nobuyuki Sakuma est rejoint par la chanteuse Nah.

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Pas de poisson d’avril, mais Roth Bart Baron

Par aza, le

Roth Bart Baron

On est le 1er avril et la tradition voudrait que je fasse une fausse news extravagante. Mais, je vous rassure, bien loin de moi cette idée. J’ai juste envie de vous faire partager mon intérêt pour le groupe Roth Bart Baron.

Roth Bart Baron est un duo formé en 2008 à Tokyo. Il est composé de Masaya Mifune (chant et guitare) et de Tetsuya Nakahara (batterie et piano). Ils se font remarqué lors d’un concours organisé par YAMAHA en 2009, ce qui leur ouvre les portes de nombreux concerts. En 2010, ils sortent leur premier EP, intitulé sobrement Roth Bart Baron EP. Ils faudra attendre 2 ans pour que le groupe sorte de nouveaux morceaux. En 2012, ils sortent un CD demo limité à 100 exemplaires et en téléchargement exclusif sur ototoy, Chocolate Demo. Puis, dans la foulé ils sortent leur second EP, Monster Mountain and Choirboys.

Leur musique est un mélange de folk et de rock, emporté par une voix gracieuse et de nombreuses envolées musicales. Ils n’hésitent pas à mélanger de nombreux instruments différents, ce qui rend leurs mélodies épiques et puissantes. Dans l’ensemble leur musique est calme et reposante. C’est le genre de groupe que l’on a envie d’écouter bien au chaud chez soit.

Depuis quelques jours je me suis replongée dans ce groupe, et 2 EP ce n’est pas suffisant! J’apprécie tout particulièrement le morceau campfire que je trouve onirique et qui me donne la chaire de poule. Leur deux EP sont disponible sur l’itunes store français, donc il n’y a aucune raison de se priver.

Source : Site Officiel

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Netlabels, Harajuku et Mellon Collie

Par aza, le

Je n’ai pas fait de petite revue de web depuis bien longtemps. Je profite donc de ce weekend lillois pluvieux pour partager avec vous quelques articles glanés au fil de mes errances. Au programme, beaucoup d’interview, beaucoup d’article en anglais, mais toujours de la bonne lecture.

Qui sont les producteurs de musique que l’on s’arrache?
On parle peu des producteurs français, pourtant ils inondent nos radios. Un petit articles pour les présenter.

‘Mellon Collie’ Mystery Girl: The Story Behind An Iconic Album Cover
Tout amateur de musique connait la pochette de Mellon Collie des Smashing Pumpkins, mais savez vous qui et comment elle a été crée? Voilà une interview avec le dessinateur qui se cache derrière le visuel de cet album.

Netlabels Ano(t)raks and Canata Records give the old DIY spirit a go with some new tools
Qu’est ce qu’un Netlabels? Si vous ne le savez pas, vous trouverez la réponse ici. Un article intéressant qui met en lumière la richesse de la scène musicale indépendant japonaise et son fonctionnement.

The King of Harajuku
Une interview avec Yusuke Nakagawa, le patron de l’agence ASOBI SYSTEM à qui l’on doit entre autre Kyary Pamyu Pamyu.

Sakanaction: « Music is art »
Et pour finir, je ne pouvais faire l’impasse sur mon récent fangirlsim aiguë pour Sakanaction. Du coup, j’ai dégoté une interview du groupe en anglais, plutôt longue et intéressante.

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Petite histoire alternative du visual-kei

Par aza, le

Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler de visual-kei. Mais plutôt que de parler des groupes connus, je vais vous présenter ceux qui sont en marge, ceux dont on parle moins, mais qui sont à mes yeux bien plus intéressants.

Le visual-kei est un genre musical japonais qui fut populaire dans les années 90. Il est parfois difficile de l’identifier tellement il peut vêtir des formes diverses. Cependant, le point commun entre tous les groupes de visual-kei est d’être attentionné aussi bien à leur musique qu’à leur image. Souvent vêtus de façon excentrique, ils font majoritairement du rock.
Dans cet océan de sons et de formes, les fans s’arrêtent souvent aux groupes mythiques comme X Japan, Luna Sea, the GazettE ou Dir en grey. Ce sont des groupes influencés par le hard rock et le métal. Leur univers visuel est souvent glauque, noir et torturé.

Mais le visual-kei, ce n’est pas que cheveux crêpés, cuir et grosses guitares. Dans le visual-kei (ou visu pour les fans), il n’y a pas de limites, pas de barrières. Certains groupes ont su utiliser cette liberté pour imposer un style original qui fait du bien aux oreilles. Et ça, les fans du genre l’oublient souvent. Voilà pourquoi j’ai eu envie de faire une petite revue de quatre groupes qui vous feront peut-être aimer le visu.

CASCADE ou comment porter le mini short

CASCADE est un groupe formé en 1993 par Tama (chant), Makko (Basse – aujourd’hui parti), Masashi (Guitare) et Hiroshi (Batterie). Leur musique, influencée aussi bien par le rock que par la dance, est un condensé de bonne humeur et de n’importe quoi. Ils n’hésitent pas à chanter des textes composés par trois mots en anglais (kill me stop) ou à se trémousser en mini short lors de live. Certains diront que c’est bâclé, moi je dirais que c’est léger et rafraichissant.
Bien qu’ayant eu une longue période de pause au début des années 2000, le groupe compte plus d’une dizaine d’albums à leur actif. C’est dans les années 90 qu’ils ont sorti leurs meilleurs opus, mais leur sorties plus récentes ne manquent pas pour autant d’originalités et de piquants.

Mon album préféré : Viva Nice Best 1 & 2
Presque similaire : baroque, FU JI KO

Guruguru Eigakan, fleur de cerisier et kimono

Guruguru Eigakan (グルグル映畫館) est un groupe formé en 1995 par le chanteur Amano Tonbimaru (天野鳶丸). Pour résumer leur musique, il vous suffit d’imaginer les sex pistols faire de l’enka et c’est bon! Aussi bien visuellement que musicalement, le groupe puise dans la culture japonaise. Ils sont tous en uniforme d’écolier et leurs visages peints en blanc n’est pas sans rappeler le théâtre kabuki. Leur univers est très influencé par des artistes tel que Shūji Terayama (cinéaste, poète) ou encore Maruo (dessinateur).
Fin 2012, le groupe a dû se séparer. Le chanteur et leader du groupe étant malade, il ne pouvait plus continuer ses activités. Mais cela ne nous empêche pas de continuer à écouter leurs albums avec plaisir.


Mon album préféré : Wadachi
Presque similaire : Shinjuku Gewalt, Taiheiyou Belt, Inugami Circus-Dan

Metronome, une disquette dans le cerveau

Metronome s’est formé en 1998, actuellement le groupe est composé de Sharaku (chant), Fukusuke (Guitare), Riu (Basse) et Shintarou (Batterie). Pour faire simple, je qualifierais leur musique de cyber punk. Ils créent des mélodies punk auquelles ils viennent greffer des sons électroniques. Toujours vêtus de combinaisons noires et jaunes, ils jouent à fond la carte futuriste. D’ailleurs à leurs débuts, ils clamaient haut et fort venir de 2005, venir du futur…
Actuellement en pause, les membres continuent tous à faire le même genre de musique au sein de formations différentes ( ADAPTER., GalapagosS et FLOPPY).


Mon album préféré : Cycle Recycle
Presque similaire : la carte mère de ton PC

cali≠gari, Last but not least

cali≠gari s’est formé en 1995, il est actuellement composé de Shuuji Ishii (chant), Ao Sakurai (Guitare), Kenjirou Murai (Basse) et Makoto Takei (Batterie). Leur musique est difficile à qualifier en quelques termes simples. Ils n’hésitent pas à mettre les pieds dans la pop, le punk, le rock, voir même parfois dans l’electro et le jazz. Ils sont sans cesse dans l’expérimentation, dans la nouveauté et surprennent à chacun de leurs albums. Ils flirtent parfois avec la provoque, notamment lorsqu’ils parlent de sexe, d’homosexualité (ils invitent souvent un travesti dans leur live et dans leurs clips) ou en plaçant dans un de leur mini-album un préservatif (Blue Film). Malgré tout cela, ils ne sont pas dénués d’humour, ainsi ils ont a leur actif un side project grotesque imitant le visual-kei classique (La’ royque de Zavy) et comptent dans leur discographique quelques hilarités (dont un album totalement réinterprété par le batteur).
Toujours en activité, le groupe fait régulièrement des concerts et sort encore des albums. Ils ont récemment quitté la major Victor pour signer à nouveau chez un label indépendant.

Mon album préféré : Dai 7 Jikkenshitsu
Presque similaire : Merry, LAB. THE BASEMENT, Videoglamour

Pour aller plus loin

Je me suis limitée dans ma sélection de groupe. Je me suis arrêtée aux groupes les plus anciens, les plus emblématiques et les plus connus. Car très franchement, j’aurais bien étendu encore un peu plus ma sélection. J’en oublie beaucoup, notamment munimuni, Minus Jin-Say Orchestra, umbrella ou SEX-ANDROID. Ces groupes sont plus jeunes et n’ont peut-être pas encore tous atteint la maturité de leurs aînés. Mais ils font vivre ce genre musical si particulier qu’est le visual-kei. Il est dommage que je ne connaisse pas de site parlant de ces groupes un peu en marge. Mais si vous voulez en savoir plus je vous conseille de consulter les pages des artistes similaires sur last.fm (similaire à cali≠gari, similaire à Metronome). Ces pages vous permettrons d’avoir une liste assez importante de groupes à écouter. Et pour rester au fait de l’actualité, je vous suggère le site visual vice.

Dans le milieu des fans, il se dit souvent que le visu est mort. Mais derrière les icônes poussiéreuses du visual-kei se cachent des groupes à l’univers particulier qui savent faire vivre ce style musical unique. Et je finirais par, « le visual-kei est mort, vive le visual-kei ».

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Enfile ton béret et passe à Shibuya

Par aza, le

Le Shibuya-kei(渋谷系) est l’un de mes mouvement musical qui me fascine le plus. Il « représente simultanément le moment ou la pop japonaise a emprunté le plus à la musique étrangère et où son rayonnement international a été le plus lumineux », voilà une introduction parfaite que j’ai récupéré dans un vieux numéro de Chronicart.

Comment le définir?

Parfois difficile à définir, on peut résumer le shibuya-kei comme étant un savant mélange entre indiepop, jazz, bossa nova et electro. Sur le papier ce genre peut paraitre brouillon, mais dans les fait c’est un véritable foisonnement de nouveau sons et de mélodies. Très inspiré par les années yéyé, les artistes de Shibuya-kei font régulièrement appel à une imagerie très occidentale (béret, pull rayé…). Au delà de la musique, ce revival des années 60/70 ira jusque caresser une partie du design d’objet, du graphisme et de la décoration d’intérieur.

La petite histoire du Shibuya-kei

Comme son nom l’indique, ce mouvement est né dans le quartier de Shibuya à la fin des années 80. Les jeunes cultivés et branchés, re-decouvrent la musique occidentale des années 60 et 70. Passionnés et collectionneurs de vinyles, ils s’approprient ce matériel musicale pour en faire un nouveau genre.

Déjà au début des années 80, des groupes comme Pizzicato Five commencent à utiliser les références du shibuya-kei. Leur morceau The Audrey Hepburn Complex tiré de leur premier album en est un bon exemple. Malgré les sonorités très new wave la référence direct à l’actrice Audrey Hepburn et les différents clin d’œil à la culture occidentale dans leur clip en font un groupe proto-Shibuya-kei .

Flipper's GuitarLe premier groupe a vraiment émerger et à mettre un peu de lumière sur ce qui sera le Shibuya-kei est le jeune groupe Flipper’s Guitar. Après l’échec de leur premier album, le quintet devient duo. Il se compose alors de Keigo Oyamada et de Kenji Ozawa (neveu du célèbre chef d’orchestre Seiji Ozawa). C’est avec la sortie de leur 2ème album Camera Talk en juin 1990 que le groupe connait enfin le succès. L’année suivante ils sortent rapidement un 3ème album, DOCTOR HEAD’S WORLD TOWER, et ils annoncent leur séparation dans la foulée.

Flipper’s Guitar aura été un groupe éphémère, mais qui aura permis au shibuya-kei de faire un percée dans la musique mainstream. L’indiepop des années 90 était née.

Keigo Oyamada revint sur le devant de la scène en introduisant son nouveau personnage Cornelius. C’est sous ce pseudonyme qu’il se fera connaître. En 1993 il sort son premier album solo, The First Question Award. Il joua également un rôle important en créant le label Trattoria. C’est sur ce label que des artistes comme Kahimi Karie ou le groupe Bridge font leur début.

Courant des années 90, les label Escalator Records (Yukari Fresh, Cubismo Grafico, Neil and Iraiza) et Readymade (Fantastic Plastic Machine, Mansfielfd) se créent et permettent au Shibuya-kei de se développer. Les artistes se multiplient et le mouvement quitte doucement son berceau indé pour conquérir la musique mainstream.

Fantasama de CorneliusEn 1997, Cornelius sort son chef d’oeuvre Fantasma. Ce mélange complétement incongrus entre de la bossa nova, du shoegaze, de la new wave, les beach boys et de la musique de dessin animé, donne à Cornelius une renommée mondiale. Au Japon, l’album sort sur le label Trattoria, mais il profite également d’une sortie international sur le label Matador.

Cornelius n’est pas le seul artiste du genre à s’exporter. Les groupes comme Buffalo Daughter, Cibbo Mato, Pizzicato Five ou des DJ comme Fantastic Plastic Machine et Towa Tei russisent tous une petite percée aux Etats Unis (l’Europe passant toujours au second plan).

Quatre ans plus tard, Cornelius sort son nouvel album, Point. Il prend tout le monde à contre pied en lâchant son univers coloré pour créer un album d’electro abstraite.Vanilla Beans A partir de là, on peut vraiment dire que le Shibuya-kei comme il était dans les années 90 est mort. Les pionniers ont laissé derrière eux leur univers de références pour se créer de nouveaux personnages, de nouvelles sonorités.

Malgré cette première disparition, depuis le début des années 2000, on peut voir une nouvelle vague d’artistes influencés par ce mouvement. Ils s’appellent the Aprils, HNC, Milch of Source, Vanilla Beans (…) et tous on gardé cette énergie des années 90. Ils continuent à s’inspirer du Shibuya-kei et à cultiver ce besoin de puiser dans ces influences multiples.

Quelques albums à écouter

Le Shibuya-kei est un mouvement vaste, les artistes se sont multipliés dans les années 90 et les héritiers sont également légion. Dans ce panier gigantesque, j’ai piocher la crème de la crème, mes 5 albums favoris.

85 de Pizzicato Five
Réenregistrement du premier album de Pizzicato Five. On est loin de la Bossa Nova auquel le groupe nous avais habitué, mais cette new wave donne bien le ton de ce que sera le Shibuya-kei par la suite.

K.K.K.K.K. de Kahimi Karie
Un album presque entièrement produit par Momus (producteur écossais) et qui se révèle être une véritable sucrerie. Comme une François Hardy japonaise, Kahimi Karie vient nous susurrer à l’oreille des mots doux. A noter que quelque morceaux ont été écrit par Philipe Katerine.

Fantasma de Cornelius
Chef d’œuvre de l’electro au sens large. A écouter au moins une fois dans sa vie, que l’on aime le Shibuya-kei ou non. Cornelius sample et tord ses influences pour nous donner une musique unique.

Tea de Hideki Kaji
Dur pour moi de ne pas citer au moins un album d’Hideki Kaji. Je suis une fan absolu du roi de la pop suédoise à la japonaise.  Cet album transpire d’ailleurs de toutes ces influences, un objet pop et doux comme il en existe peu.

CARTOOOM! de Plus-Tech Squeeze Box
C’est le seul album que je citerais de la « relève » du mouvement. CARTOOOM! est le deuxième album du duo Plus-Tech Squeeze Box. C’est un condensé de pop, d’Hana Barbera et d’electro, aucun mot n’est assez fort pour décrire ce patchwork musicale complétement fou et génial à la fois.

Pour aller plus loin

Mes petits conseils lecture, souvent ce sont des articles en anglais mais qui sont tous plus passionnant les uns que les autres, je vous invite vivement à les consulter.
The Legacy of Shibuya-kei
15 Years of Fantasma
Shibuya-kei is dead by momus
Article sur Cornelius paru dans le Chronicart n°33 : Part1 , Part2, Part3, Part4, Part5, Part6, Part7